16e MARATHON
DES SABLES - 30 MARS - 09 AVRIL 2001 Sous le haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed
VI
COMMUNIQUE
DE PRESSE 05/04/2001 - n°7,
OUED EL JDAID - RICH BEL RAS (82 km)
DATE
: 05 avril 2001 ETAPE non stop
: OUED EL JDAID - RICH BEL RAS (82 km)
PARCOURS : Les coureurs entament
le deuxième jour de course de l'étape non-stop. Franchissement
du JEBEL ZIREG au km 45. Sortie du Jebel sur lac asséché
au km 55. Champ de dunettes au km 62. Terrain accidenté au
km 63 et champ de végétations. Oued et dunettes (km
68) du MA DER BOUZIANE. Sortie d'oued et arrivée au bivouac
km 82.
TEMPS : violentes bourrasques de vent pendant la nuit. Vent reste
important dans la journée. 38 °C à l'ombre.
DEROULEMENT : La nuit est tombée avec l'arrivée
des deux premiers concurrents au bivouac de cette étape non-stop.
C'est un participant de la première vague, le Français
Michel SALLABERRY (D 193) qui franchit la ligne après 9h 53m
de course. Il était 60e au classement général
de l'étape 3 et cette performance lui permet d'accéder
à la 21e place. C'est la fête autour du Marocain AHANSAL
Lahcen (D 1), qui finit l'étape en 6h 54m. Il est 19 h et l'ensemble
des concurrents est toujours sur la piste entre le CP 2 (km 21) et
le bivouac (km 82). Une limite a été imposé :
les concurrents doivent atteindre le CP 4 (km 45) avant 1h. Claude
COMPAIN (D 78, le dossard de son âge) , malgré son âge
est hors temps au CP 4 et contraint à l'abandon. Pendant ce
temps, les favoris terminent l'étape (D 2, D6, D 3, D 411,
D 56 et D 9). Du côté des femmes, elles côtoient
leurs homologues masculins : trois concurrentes arrivent dans les
21 premiers (D 4 FIACCONI Franca, D 379 KAHAITA Kazuko et PACEV Tania
D 297). Certains ont fait le choix de s'arrêter après
le contrôle obligatoire du CP 4 pour s'alimenter et prendre
du repos quelques heures. Chacun est équipé d'un bâton
lumineux qui leur permet d'être repéré par les
commissaires de course qui sillonnent le parcours. Patrick Bauer,
directeur de course, attend les concurrents pour les encourager à
l'un des CP. Les arrivées s'étalent tout au long de
la nuit et à 6h3à ce matin, 70 concurrents n'avaient
pas encore franchi le CP 5. La difficulté de cette étape
a entraîné bon nombre d'abandons, même parmi les
meilleurs. Outre l'Italien OLMO Marco (D 445), il faut signaler l'arrêt
du Français MOSTA Karim (D 117), pourtant habitué à
ce type d'épreuves. Pour la seule journe de mercredi, l'équipe
médicale signale 31 abandons et ce matin à 9h, on en
comptait 4 supplémentaires. A cette heure, 59 coureurs ont
arrêté la course avant son terme. Les Doc Trotters ont
battu leur record d'interventions médicales (720 ce matin,
depuis le début de la course).
ABANDONS SURPRISE
Karim MOSTA (D 117) ne finira pas cette année le Marathon des
Sables. L'équipier de Jogging International, quatre fois dans
les sept premiers du classement du Marathon des Sables, a finalement
décidé d'abandonner sur le parcours de l'étape
non-stop. Un choix difficile à prendre pour cet amoureux du
désert et de l'épreuve qui a traîné des
problèmes gastriques depuis le départ de cette 16e édition.
Marco OLMO (D445)S, également habitué des raids et des
ultra-marathons, a aussi pris cette option. C'est d'ailleurs en croisant
la route de Karim MOSTA hier a renoncé au challenge, pour les
mêmes raisons.
DOC TROTTERS : UNE ANNEE RECORD DE SOINS
La quatrième étape du Marathon des Sables a été
marquée par une importante série d'abandons bien sûr,
mais elle aura également occasionné beaucoup de soins
parmi les concurrents. En ce début d'après-midi, 947
interventions ont été relevés par l'équipe
médicale de Gaston PELTRE (Doc Trotters), dont 303 effectués
sur la seule épreuve non-stop des 82 km. L'application de petits
soins évolue crescendo depuis la première étape
: de 62, on est passé à 144 pieds traités en
5 jours. La prescription d'antalgiques a, elle aussi, grimpé
depuis le début de la course (280 après l'étape
4) ; de nouvelles douleurs venant toujours s'ajouter à celle
traitées et déstabiliser la santé physique des
participants. Les problèmes de dos ou locaux cependant sont
constants. Le nombre de perfusés (49 contre 26 l'an dernier)
est un record. La forte chaleur sur le parcours et l'inscription massive
de débutants pour cette édition en sont l'explication.
Par ailleurs, 5 soins d'urgence ont été prodigués
au terme de l'étape 4. L'équipe des Doc Trotters a enregistré
12 cas de troubles gastro-intestinaux sur des coureurs.
COURIR POUR LES AUTRES
Chaque concurrent a sa bonne raison de venir courir le marathon des
sables. Pour les uns, c'est un challenge personnel, pour d'autres,
c'est un engagement de citoyenneté. Pour environ 1/3 des compétiteurs,
c'est leur course pour un projet associatif, caritatif, social, de
développement culturel ou simplement en signe d'espoir pour
un parent, un ami, ou en souvenir d'un être cher. Ainsi, l'américain
Jeffrey BRADBURRY (222) qui court pour les survivants et les familles
des victimes de SARCOMA ; le français Bernard LAPOTAIRE (59)
pour la mémoire de sa femme décédée d'un
cancer le 25/12/99 ou encore Philippe CABRERA (203) qui s'est engagé
à terminer l'épreuve pour donner le courage à
son amie Nathalie de mettre tout en oeuvre pour guérir de sa
leucémie.Bien sûr, il y a l'équipe des Dunes d'espoir
et les enfants myopathes, Gilles FLAMANT et les pompes solaires ,mais
aussi , avec un simple logo sur leur sac ou leur tee-shirt, l'équipe
AGF (190,191,192) pour la lutte contre les leucodystrophies et Martens
Albert, allemand,(D336) pour GEMBU plateau hospital in Nigeria, et
Jacques LAGARRIGUE, qui chaque année court pour une cause différente
: l'an passé contre la toxicomanie et cette année pour
la lutte contre le cancer. Les femmes ne sont pas en reste, comme
Corinne BENOIT (42) qui oeuvre pour équiper en matériel
scolaire les écoles primaires des villages isolés du
Maroc, Martine POURRADIER (37) pour l'insertion des personnes sourdes.
Dans le même esprit, Frédéric AZEMA (6) a développé
un projet éducatif entre une école du Maroc et une école
de France pour permettre la dotation en matériel multimédia
et un voyage d'étude des enfants. Frédérick COLLINS
(463) participe pour la réinsertion des prisonniers. Tous unissent
leurs efforts pour réussir tant le challenge de la course que
celui du coeur.
UN CHAMPION, UN HOMME
Le français Gilles DIEHL (3), membre de l'équipe de
France du 100 km, champion de france des 100 km en 1999, Champion
du monde par équipe en 2000, est un athlète à
part entière .C'est aussi un homme avec ses forces et ses faiblesses,
ses difficultés physiques et psychologiques. Sur ce 16ème
marathon des sables, il prend le départ ,préoccupé
, car il a laissé son épouse seule en France , qui doit
subir un traitement médical lourd. Il court avec l'idée
de réussir sa course et celle de lui dédier sa performance.
Il progresse au fil des étapes avec quelques soucis : une angine
lors de la 2ème étape, et un départ castastrophique
pendant 7 Km à cause de dérangements gastriques lors
de l'étape non stop de 82 km. Il franchit la ligne après
7h56 de course et s'effondre dans les bras du vice-président
de la Fédération française d'Athlétisme,
Michel Marle, présent sur la course au titre des contrôles
anti-dopage : " C"était extrêmement difficle,
j"ai été malade mais je me suis battu pour faire
moins de 8 heures, c"est réussi, je l"ai fait aussi
pour ma femme , pour sa guérison. Une épreuve comme
celle-ci, c"est un telle expérience physique et mentale
que l"on en sort toujours grandi ". L'homme rejoint sa tente
berbère pour retrouver ses compagnons d'équipe avec
qui il partagera les émotions, le repas et la nuit étoilée.
Le champion savoure aussi l'atteinte de son objectif du jour, il pense
déjà à la prochaine étape.